La fréquentation en restauration traditionnelle a baissé de 15% à 20% cet été, selon un rapport de l’UMIH. La raison principale ? L’explosion des prix.
Cela fait des années que nous tirons la sonnette d’alarme sur les prix pratiqués par certains établissements – quand d’autres font des miracles pour rester abordables. Un ticket moyen à Paris, (petit) vin compris, s’établit désormais à 90€/100€ par personne contre 60€ il y a deux ans encore : 50% d’augmentation ! Et les Français ne suivent plus – sauf ceux qui ne payent pas l’addition de leurs propres deniers.
La folie des prix s’est emparée du secteur alimentation de qualité – y compris vins et spiritueux. Après le ‘melon’ bordelais dont la crise actuelle nous révèle toute l’ampleur, ce sont les Bourguignons qui se le prennent. Un Bourgogne générique de bonne facture est passé de 15€-18€ à 28€-35€. Un ‘village’ démarre à 40€-45€ et un premier cru à 120€ (ne parlons même pas des grands crus dont plusieurs dépassent allègrement les 800€ !). Les bourguignons s’en moquent car ils estiment que l’offre est suffisamment restreinte pour faire fuir les petits payeurs (qui de ce fait, se replient sur les Fixin et Marsannay au nord et autres Santenay au sud, avec grande satisfaction). On verra ce que cela donnera, tout en précisant quand même que le vignoble français sera passé de 800.000 ha en 2023 à 700.000 ha en 2026/27. Quant aux alcools, la crise du cognac n’a servi à rien : des alcools blancs de grande qualité facturés 35€ il y a encore peu se trouvent désormais à 70€/80€. La guerre en Ukraine a bon dos.
Première conclusion, les restaurants se vident et disparaissent : 25 fermetures par jour (les clients quittent l’industriel retravaillé, trop cher, pour la même mauvaise qualité ailleurs, mais moins cher), d’où le développement de la restauration rapide (de 165.000 établissements en 2020 à 175.000 établissements en 2025).
Que faire ? Etablir un numerus clausus ? Exiger un diplôme avant d’autoriser un restaurant à ouvrir ? Ou peut-être tout simplement, ramener les restaurateurs à un peu plus de bons sens ? C’est à quoi s’emploie cette nouvelle livraison avec 5 nouvelles adresses et 8 mises à jour (dont une hors de nos critères mais qui vous empêchera de mourir idiot).
Luc Debieuvre, Président

