Chers Amis,
Cette nouvelle production de Printemps apporte son lot habituel de nouveautés mais aussi, faut-il le répéter, de mises à jour qui sont le seul baromètre d’un restaurant qui ne souhaite pas s’endormir sur ses lauriers.
C’est pourquoi, en sus des douze nouvelles fiches proposées, cinq mises à jour permettent de prendre le pouls de nos chers patients et de confirmer ou non notre diagnostic antérieur. Un diagnostic partial, diront certains : probablement et aussi, aléatoire ; mais le diagnostic d’un moment qui n’en perd pas moins son intérêt quand nous somme quelques-uns à nous retrouver pour formuler le même constat.
Il faut par ailleurs bien dire aussi un mot de la sortie du Michelin – que nous n’avons pas peur d’appeler par son nom à la différence de la tartufferie de l’émission Top Chef (ce serait de la publicité déguisée de le nommer ; aussi le gagnant du concours ne pourra qu’obtenir « une étoile d’un grand guide français très connu ». Jusqu’à quel point peut-on prendre les gens pour des demeurés… ?).
Michelin donc – et apparemment, dixit les commentateurs attitrés, « pas de scandale cette année ». Tous devaient donc être tacitement d’accord avec le retrait de la 3ème étoile à Georges Blanc, ce qui honnêtement ne pouvait pas surprendre après la lecture d’une critique, comme toujours inspirée, de Stéphane Durand-Souffland dans le Figaro il y a quelques mois.
Et pour les 3 étoiles justement, retour de Christophe Contenceau à La Rochelle (personne n’ayant compris le retrait d’une étoile, tout le monde est content de son retour) et promotion de Roellinger fils à Cancale. Etchebest gagne une 2ème étoile à Bordeaux. Merci Top Chef. D’autres étoilés disparaissent (Benoît ou Shang Palace au Shangri-la à Paris, Les Hauts de Loire à Ouzain ou le Château de Mercues) ; d’autres la gagnent comme l’Arbanne à Reims, la Maison Avoise à Issy-les-Moulineaux, Aldehyde dans le 4ème, Agapé dans le 17ème, Origines dans le 8ème – à qui nous avions déjà décerné 4 palmes -, le Vaisseau d’Adrien Cachot dans le 11ème et une série de japonais. Sans oublier Amalia dans le 11ème – dont les prix avaient déjà anticipé la distinction. De l’art de la prévision.
Pour conclure, cette phrase de Vincent Favre-Félix, nouvellement étoilé à Annecy-le-Vieux, qui résume assez bien notre sentiment du moment : « Les clients n’ont plus forcément envie de menu carte blanche imposé (…) ni de payer 100 à 500 balles par tête ». Nous non plus.
Luc Debieuvre, Président

