Mori Venice Bar

Mori Venice Bar

Information

Adresse

27 rue Vivienne – 75002 Paris

Contact

01 44 55 51 55 et communication@mori.paris

Horaires

du Lundi au Vendredi de 12H00 à 14H00 et de 19H30 à 23H00 et le samedi uniquement le soir de 19H30 à 23H00

Réception

Réservation

Invité

Accueil

Appréciable, mais avec des efforts. Un grand sourire à l’arrivée et à la sortie, mais sans plus. Est-ce ce ‘sans plus’, sans supplément d’âme, qui justifie de tels prix ? Le maitre d’hôtel semble veiller mais on le voit très peu. Un ou deux serveurs s’occupent de notre table. On devine qu’il jouit d’une certaine expérience mais se concentre-t-il sur des habituées ou l’heure de la sieste approche-t-elle ? Le sommelier ne s’est pas montré davantage – c’est un des serveurs qui donne la carte des vins et la reprend. Au global, une équipe polie sans être particulièrement impliquée : on ne peut pas dire que les serveurs ne soient pas souriants mais on sent une certaine distance et un manque d’implication.

Restaurant

Type de cuisine – Cadre

L’atmosphère est celle d’un restaurant dessiné par Stark il y a des années, un poil vieillissant mais avec une certaine personnalité et où l’on se sent bien. A proximité de cette place de la Bourse qui a beaucoup de charme. Le plein centre de Paris où tout est proche et assez facile d’accès (si l’on ne prend pas sa voiture). Le restaurant est élégant, le mobilier est an adéquation, les tables sont nappées. Un grand bar, des consoles, du bois et des cuirs clairs ainsi que de grands lustres de Murano concourent à l’ambiance vénitienne et baroque. Les WC sont aussi propres que superbes. Les tables sont relativement espacées. L’on préférera les quelques tables de 2 ou de 4 (il y en a peu) avec la petite terrasse ouverte (ou la vue en hiver) sur la Bourse. Le restaurant s’étire en longueur et il y même quelques alcôves.

Mori souhaite par ses prix se positionner comme l’une des meilleures tables transalpines de la capitale. Mais dans l’esprit, l’implication du personnel et ce qui est proposé et servi confirment qu’au fil des mois (et des années), le bateau vogue sur ses acquis. Plus d’impulsion. C’est dommage car les produits sont de qualité, mais le client ne s’y retrouve pas. La carte est belle mais vous transporte dans une Italie de ‘Palace international’ (plus qu’italien) et les prix sont sévères ! Les plats sont assez bien présentés. Les assiettes sont soignées mais un peu répétitives (sans remise en question, ou comment faire plaisir dans l’instant).

Carte – Plats et vins

150€ par personne sans vin (soit entre 110€ avec antipasti et 165€ avec pâtes et plat, toujours sans vin, mais avec dessert). Compter 175€ à 200€ euros avec le vin. Quand on connait le prix d’étoilés italiens, on se dit qu’il y a un souci. 7 antipasti de 29€ à 43€ ; 5 plats de pâte ou de risotto de 38€ à 46€ ; 3 ‘secondi’ à 59€, 61€ et 98€ et des ‘contorni’ entre 10€ et 20€ destinés à faire monter encore un peu plus l’addition. Cuisine Italienne qui se veut ‘chic’ tout en puissant ses racines dans les traditions italienne et plus précisément vénitienne : Vitello ‘Tonnato’ ; Carpaccio de bar de ligne ; Araignée de mer décortiquée à la vénitienne – une de leurs spécialités – ; Tortellini faits à la main dans la laboratoire gastronomique créé par le chef triplement étoilé (?) ; Cartoccio de linguine de pâtes de blé dur des montagnes d’Abruzzes, « Vongolette » de pêche à pied ; Fines Tagliatelle aux triples œufs poêles, aux langoustines royales et tomates séchées (très beau plat) ; Grande friture classique de poissons à la vénitienne ; Côte de veau d’élevage durable brunie au beurre, artichaut à la juive, pommes pont neuf. Et une carte des desserts avec un Tiramisu (présentée comme ‘le meilleur de Paris’), des glaces turbinées minutes (avec topping) qui sont aussi l’une de leurs spécialités.

Belle carte des vins dont les prix montent assez vite. Toutes les régions de l’Italie sont représentées avec des préférences pour la Toscane ou le Piémont. Compter 45€/65€ pour un petit vin abordable. Tout le reste est à trois chiffre (125/150/220…450 euros), ce qui est beaucoup…

Repas

Fines Tagliatelle aux triples œufs poêlées, aux langoustines royales, tomates séchées : un très beau plat de pâtes. Certes vu et revu mais bien réalisé. La sauce est concentrée avec beaucoup de goût. Elle manque peut-être d’un soupçon de sel, de poivre d’assaisonnement mais elle est bien luisante et épouse délicatement et délicieusement les pâtes. La qualité des ingrédients est parfaite. Certes, le plat est facturé 46€ mais les 4 langoustines (qui sont vraiment royales) sont un vrai luxe (généreux) en ces temps. Très belle qualité de produit et très belle réalisation, seul le dressage reste sommaire pour de si beaux produits. Grande Friture Classique de Poissons à la vénitienne, Langoustines, Gambas, petits Calamars : un grand classique vénitien, bien présenté et qui fait la part belle à la diversité. Si les langoustines sont cette fois-ci relativement peu présentes, on retrouve vraiment toute la lagune avec des sardines, des rougets, des calamars et même un peu de pieuvre (et une proportion de légumes un peu juste). La friture n’est pas grasse, un point vraiment positif, mais elle manque de goût. C’est fade, cela manque de sel. On ne peut que se demander si tous ces poissons ne sont pas congelés ? (ça devrait être indiqué sur la carte en Italie – mais pas en France !). A 59€ tout de même.

Pour conclure, Crepe Bombolone : un dessert à la fois totalement raté et l’expression ressentie de ce qu’est devenu l’esprit de cette adresse. Le tiramisu ou les glaces turbinées minutes auraient probablement été meilleurs. D’abord, ces crêpes n’étaient pas ‘bombolone’ (car le ‘bombolone’ est un soufflé romain). On voit arriver un chariot avec des alcools dans l’esprit de nos crêpes Suzette et l’on se réjouit à cette idée mais le résultat est plus que décevant. Une première crêpe se prépare (un serveur étant manifestement formé par une dame) avec flambage, grands gestes, petit feu et énormément de sucre. La crêpe est alors posée dans une assiette et se refroidit pendant qu’une seconde crêpe se prépare avec encore plus de sucre (et une boule de glace insérée dedans). Une assiette rectangulaire est alors servie : à chaque angle, une crêpe en aumônière. Celle de gauche avec des cerises à l’amaretto (dans un topping qu’aime la maison), celle de droite avec une glace en son centre qui commence à couler. Les crêpes sont dures, en fait froides à cause de l’attente et horriblement sucrées de tout ce qui a été rajouté. Un dessert qui veut en mettre ‘plein la vue’, qui veut faire le show, qui veut faire vivre ‘une expérience’ et qui en fait, comme le soufflé inexistant du bombolone, retombe et en est même franchement déplaisante. 32€ pour ce dessert qui s’est arrêté à Cannes sur sa route vers Venise|. Une corbeille de pain est apportée en début de repas avec trois pains différents et une magnifique huile d’olive, le tout posé sur la table. L’huile d’olive n’est pas servie et il n’y a ni sel ni poivre sur la table. Tout est machinal ; rien n’est pensé. Pas d’implication.

Notre avis – Qualité/prix

On aime évidemment la qualité des produits, la cuisson remarquable des pâtes comme dans les belles adresses italiennes. Mais les plats sont trop chers et surtout, manquent de goût : assiettes où la technique, le raffinement et la précision laissent la place au show, à l’esbroufe. Un service gentil mais manquant cruellement de professionnalisme. Une sensation, le ressenti d’un restaurant qui marche un peu, mais beaucoup sur sa réputation. Certes, les produits sont de très grande qualité et les langoustines comme celles servies sont rares et à 42€, facturées normalement. En revanche, la friture à 60€ euros (pas de goût et quelques légumes) ainsi que les crêpes à 32€, aussi ratées que sucrées, ne sont pas un bon rapport qualité-prix.

Mori à une réputation a tenir, mais est-il encore une référence italienne de la capitale ? Un positionnement par les prix est-il suffisant pour garder sa place sur le podium ? Plus personne ne le croit. Si l’adresse et la décoration de la salle peuvent encore faire illusion, le service et surtout, ce qui est servi incitent à se poser la question. Le ressenti est celui d’un bateau à l’arrêt. Où est le travail en cuisine ou en salle ? Monsieur Mori a été, et restera, un grand professionnel qui connait son métier (on peut avoir un souvenir ému de ce qu’il proposait au début chez Armani) mais combien de temps consacre-t-il aujourd’hui à cette maison et à essayer de la faire rester dans le haut de l’Italie Parisienne ? Pour 150€ avec une demi bouteille de Ferrarelle, le client est en droit d’attendre beaucoup plus : que l’huile soit servie avec le pain, que le serveur voit qu’il manque le sel, que la présentation des assiettes soit plus soignée, qu’un plat de friture de la lagune ait du goût et soit bien assaisonné, qu’un plat à 60€ soit pour le moins proposé avec quelques légumes, et qu’une crêpe flambée si elle est à la carte, dispose d’un personnel capable de la faire, qu’elle soit mangeable et surtout qu’elle ne rende pas diabétique celui qui l’aura dans son assiette. Sur certains plats comme ces pâtes aux langoustines royales, Mori fait encore illusion. Et si un repas complet ne tient plus la route, quelques copeaux de jambon et une belle pasta par une belle soirée d’été sur l’une des trois ou quatre tables en terrasse peuvent encore passer. Mais le mauvais rapport qualité prix demeure !

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